26.10.2008

HOUARIA RIGHI

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13.09.2008

PARIS NORD

PARIS NORD

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Les lettres sont affichées une à une. Lorsqu’elles se transforment , un bruit, des centaines de petites ailes ou des pages, vivement , régulièrement tournées. Des oiseaux. Des oisillons. Des centaines d’oiseaux aux petites ailes. Il faudra choisir, sont ils enfants ou pas.
Il faudra savoir si ces battements d’ailes sont des centaines venus de l’enfance, réguliers, à former des mots. Ceux du voyage, du grand nord : london, oostende, deux O, deux battements, mais aussi Soisson, calais, des villes qui racontaient comme Elle, des guerres, des reconstructions, des évasions…ne m’a telle pas dit qu’il fallait qu’on range ensemble la bibliothèque ? ce livre qui est posé, celui-ci c’est cousin issu de germain qui l’a écrit…Il écrit…Et ma folle illusion d’indépendance, de démarcation, de vive différence, mon affranchissement de ces villes du nord, des mots qui se souhaitaient libres sur les routes du sud.
La voix 8 est indiquée. Deux petits garçons se sont assis près de moi sur les chaises, des petits qui se penchent sur la rambarde. Mon vertige. Les parents qui observent ce balancement, une histoire de confiance je présume.




Sois le sein sur le quel je baverai, ingrate sois une berceuse suffisante et inclinée à mes exigences.
Le train va lentement, tousse puis s’arrête, redémarre, à peine rassurant. Traverse des villes de banlieue : la gare de pierrefitte date de 1908, il y a un marché à sarcelle , des jardins près des rails, on appelle plus ça des jardins ouvriers. Des rangées d’immeuble repeintes à Villiers le bel, et le train dans une accélération qui préconise un vrai départ dévoile à nouveau, ciel pylônes, verdures automnales du nord. Nous roulons plus éloigné des banlieues pavillonnaires, alors que nous étions bruyants, que nous n’avions pas épargné la proche banlieue repeinte grossièrement de ces bleus et de ces orange, de ces couleurs qui se moquent ostensiblement, railleuses des îles bon marché.
On nous raconte en trois langues qu’il se trouvait un animal sur la voix. Les routes apparaissent luisantes, des gouttes frappent le train, régulièrement.

Je peux reprendre la photographie de pylônes et distinguer, nettement, à l’horizon, deux silhouettes qui marchent côte à côte.



Un jeune juif (oui c’est ainsi qu’il se présente, un costume traditionnel, je pourrais et devrait le nommer autrement, mais c’est ainsi qu’il impose les présentations…Suis-je alors une femme, une femme qui écrit, une dame fatiguée, une vague estropiée, un fantôme ?), dont l’ombre sera faite de rubans et de chapeau, se lève , s’immobilise dans l’allée . Un appareil accroché à son front, ses lèvres murmurent, ses yeux révulsent, blancs par le va et vient de sa nuque. Un rythme régulier qui parfois connaît un assaut, une intensité .l’observer, car il m’y convoque, mais pas trop, car les rubans, la veste, jusqu’à l’inclinaison du front pourraient me rappeler l’histoire dans la quelle j’ai planté des pylônes (plus de battement d’ailes mais des rafales , après les villes du nord, la terrible énumération des villes de l’est). Est-ce un comble pour celui qui écrit d’avoir tant le vertige ?
Un dizaine d’éolienne…E O LIENNE j’aime ce mot.
Le tunnel transforme ma fenêtre en miroir.




Je préfère les pylônes et cette arrivée progressive dans le nord ( Les paysages acceptent maintenant des teintes rouges supplémentaires) à cette image fatiguée, fuyante, ce corps, à ces cheveux éparses et ensommeillés (j’ai refusé ce matin le dressage, j’ai vécu au répit, aux priorités, j’ai cru , oublié, ce n’est plus important, qu’importe…et ce tunnel brièvement : il serait souhaitable de mieux se traiter.
Les refus et les illusions s’accolaient réguliers.

Le jeune homme reprend place dans l’allée, ses yeux mi clos, cette fois ci j’entrevois sa main prisonnière, un lacet de cuir…les psalmodies démoniaques et obsessionnelles des souvenirs d’enfance







L’autre rangée…les personnages du livre : Brisson et Paul. Sont ils ceux qui marchaient solitaires dans le champs ? ou bien étaient ce nos corps, distincts ?
Les briques ont définitivement changé de couleurs, le train émet des secousses, c’est un autre pays qui côtoie la misère. Un annonce par des maisons alignées, identiques. Ce matin pourtant le néon vouté de la salle de bain m’indiquait bien le reflet aligné, identique. Force est de constater que les bâtisses sont parfois belles, elles manquent juste de lumière.























Le train est à Bruxelles et c’est avec toi que j’y étais. J’ai parfois encore peur de ces temps de culpabilité accumulée. Tu avais sûrement été exaspéré par mes blessures, qui outre les lumières tamisées, murmuraient : jamais comme il faudrait ». La maison de marceau me paraît lointaine, ses lumières renfrognées et son bruit un peu gênants.
Mes yeux s’égarent dans des forêts, ils balaient à contre sens des toitures fidèles, on verra sur les regards éparses quelques années.
Deux silhouettes qui marchent côte à côte.
Ce matin au reflet vouté, les yeux ne sont pas éparses, ils sont indociles. Lorsque mes épaules lâchent un combat mes reins accueillent un chagrin.

A présent des troncs blancs tâchés (comme la vieillesse sur les mains), sais tu qu’en les voyant, leurs robes au vent dansant dans gent, je suis émue.
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